Journée de la Santé


Depuis le 1er janvier, nous avons échangé des vœux de " Bonne année " et souvent de " Bonne santé ". La formule est pratique, un peu formelle, mais souvent les gens y ajoutent leur petit commentaire, du style : " C'est important, la santé ". Oui, c'est important, et c'est pour cela que, chaque année, l'Eglise lui consacre une journée, qui soit un moment de prise de conscience, de solidarité, de prière.

La santé est un des biens de la vie humaine. Elle est aussi un droit, inscrit dans notre constitution (article 11 du Préambule de la Constitution), comme dans celle de la plupart des états. Ce droit prévoit que les pouvoirs publics créent des conditions telles que chacun puisse jouir du meilleur état de santé possible, ce qui implique l'existence de services de santé, des conditions de travail sûres et saines, un logement adéquat et une alimentation nutritive. Quand tout va bien, cela ne pose pas de problème majeur sinon, bien sûr, le fait qu'il y a toujours des gens malades qu'il faut prendre en charge pour les soigner et que cela coûte cher. Mais quand la situation économique se dégrade, ce sont tous les indicateurs qui bougent : la pression financière qui se fait plus forte sur les services de santé, notamment les hôpitaux, le chômage qui se répand, et les organismes caritatifs qui voient les files de personnes en difficulté s'allonger. Et je n'évoque que ce qui se passe dans nos pays européens, mais nous imaginons facilement que c'est encore plus difficile dans bien d'autres lieux de la planète.

Au moment où nous nous approchons d'échéances politiques majeures pour le pays, au moment où notre diocèse lance une réflexion synodale qui nous invite à former " des communautés pour la mission ", et alors que l'actualité fait état de plusieurs scandales qui touchent au monde de la santé, comme celui des prothèses mammaires ou celui du Mediator, il est important de considérer la santé comme un bien commun. Cela signifie évidemment qu'elle ne peut pas être un prétexte à s'enrichir sur le dos des autres, cela veut dire aussi qu'elle n'est pas une chance individuelle mais bien une responsabilité, vis-à-vis de soi-même et des autres. De la même manière que la paix n'est pas seulement l'absence de guerre, la santé n'est pas non plus seulement l'absence de maladie. Comme le rappelle le préambule à la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé, " la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ", ce qui implique que tous les besoins fondamentaux de la personne soient satisfaits, qu'ils soient affectifs, sanitaires, nutritionnels, sociaux ou culturels et ce, du stade de l'embryon à celui de la personne âgée. On le voit bien, il ne s'agit plus seulement de " ma " santé mais bien d'un projet pour tous, d'une véritable culture de la vie à développer, et cela nous renvoie aux choix fondamentaux de notre vie en société et aux exigences de l'Evangile. Ne l'oublions pas dans ce moment de solidarité avec les personnes malades, bien sûr, mais aussi avec toutes celles et tous ceux qui travaillent pour la santé.

 

 

 

 

Père Xavier Signargout.

 

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